Top des films de Billy Wilder
Un top cinq des films de Billy Wilder, auteur majeur même si, en se laissant parfois aller à quelques facilités, ses œuvres ne se révèlent pas toujours aussi intéressantes qu’elles pourraient l’être. Restent deux immenses chefs d’œuvre – entre lesquels je choisis de ne pas choisir… – et bien d’autres grands films.
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Affiche d’Assurance sur la
mort (1944)
1) Ex-æquo : Assurance sur la mort (1944) et Boulevard du crépuscule (1950)
3) La Vie privée de Sherlock Holmes (1970)
4) Certains l’aiment chaud (1959)
5) Témoin à charge (1957)
Affiche de Boulevard du
crépuscule (1950)
Un petit top cinq des films d’un artiste majeur de l’âge d’or hollywoodien : Billy Wilder. Une fois n’étant pas coutume, je ne choisis pas – et ce bien que ce soit tout à fait contraire aux règles de l’exercice – et décerne une première place ex-æquo aux deux œuvres majeures du cinéaste soit, par ordre chronologique, Assurance sur la mort (1944), à la fois matrice et indépassable référence du film noir, et l’extraordinaire Boulevard du crépuscule (1950), film inclassable dans lequel l’auteur fait montre de toute l’ampleur de son talent sarcastique et dont on se demande encore comment il a pu être produit dans le cadre assez rigide du système des studios hollywoodiens.
Affiche de La Vie privée de
Sherlock Holmes (1970)
On remarquera que ni l’un, ni l’autre de ses deux films ne sont des comédies même si le second réserve nombre de moments fort drôles. Pourtant, c’est bien avec ce genre que Wilder a connu la grande et durable reconnaissance publique (et assez largement critique). Mais, malgré de très bons passages, celles-ci m’apparaissent souvent assez faibles et il me semble que Wilder se laisse gagner par une certaine facilité, galvaudant en quelque sorte son immense talent et minorant son ambition. Certes, quelques-unes sont d’une grande finesse (Ariane, par exemple, en 1957) mais beaucoup se révèlent assez lourdes (combien apparaissent répétitifs les gags dans des films comme Un, deux, trois – 1961 – Embrasse-moi, idiot – 1964 – ou Avanti ! – 1972 – …) et bien éloignées de la virtuosité de celles de son maître revendiqué Ernst Lubitsch (pour lequel Wilder signa – en compagnie de son complice de l’époque Charles Brackett – les scénarios de La Huitième femme de Barbe-Bleue en 1938 et de Ninotchka en 1939). Et ce cycle de comédies – assez décevant, donc – constitue la quasi-totalité de la production de Wilder à partir du milieu des années 1950 (il terminera même sa carrière avec Buddy Buddy en 1981, un remake, paraît-il navrant, de L’Emmerdeur réalisé par Edouard Molinaro en 1973). Néanmoins le réalisateur renaîtra ponctuellement mais totalement à la très grande ambition en s’attaquant au personnage de Sherlock Holmes dans La Vie privée de Sherlock Holmes en 1970. Un très grand film, assurément – même s’il ne s’agit pas exactement de l’œuvre dont rêvait son auteur – que l’on peut rattacher à la comédie mais qui la dépasse – et de loin ! – en se livrant à une très fine étude psychologique du célèbre détective londonien. Aussi occupe-t-il la troisième place.
Affiche de Certains l’aiment
chaud (1959)
On ne saurait toutefois rejeter en bloc l’ensemble des comédies signées Billy Wilder et quelques pépites sortent du lot dont la plus remarquable reste bien sûr le célébrissime Certains l’aiment chaud (1959) qui échoue donc au pied du podium. Mais c’est peut-être le film classé cinquième, le bien moins connu Témoin à charge – adapté d’une pièce d’Agatha Christie à laquelle Wilder et ses coscénaristes (Harry Kurnitz et Larry Marcus) apportèrent de substantielles et profitables modifications – réalisé en 1957 qui témoigne le mieux de la double facette du cinéma wilderien. D’un côté, une comédie parfois drôle mais souvent pataude dans laquelle Charles Laughton cabotine énormément et, de l’autre, une superbe réflexion sur le vieillissement inexorable d’une femme qui a cessé de rayonner. Il s’agit de Marlene Dietrich et son rôle est une claire mise en abyme de l’évolution de la superstar créée et magnifiée par Joseph von Sternberg. Puisque Marlene Dietrich est à l’affiche, ce film offre comme un prolongement au western d’un autre célèbre réalisateur d’origine viennoise, L’Ange des maudits (1952) de Fritz Lang. Mais surtout, Témoin à charge se situe dans la filiation de l’immense Boulevard du crépuscule. Sans doute parce que si Billy Wilder a su filmer les jeunes femmes (qu’il s’agisse d’Audrey Hepburn ou de Marilyn Monroe) et a beaucoup fait rire, le thème-clef de son œuvre reste une réflexion pleine d’amertume sur le déclin.
Affiche de Témoin à charge
(1957)
Ran
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