Hijacking
Hijacking raconte avec une science certaine du récit la prise d'otages d'un cargo danois par des pirates somaliens. Il adopte le point de vue d'un otage et celui du patron de la société qui prend en charge les négociations.
Peter Ludvigsen (Søren Malling), PDG d'une compagnie danoise de transit commerciaux par cargo, apprend que l'un de ses navires, le MV Rosen, vient d'être pris en otage par des pirates somaliens en plein Océan Indien. Il va se charger de mener les négociations. Mikkel (Pilou Asbæk), le cuisinier du bateau va vivre avec le reste de l'équipage une détention qui semble ne jamais devoir finir. Voici les deux points de vue qui sont choisis pour suivre le déroulé de la prise d'otage. Tobias Lindholm adopte un style assez sec pour retranscrire la tension : caméra à l'épaule, peu de musique et longs silences pour traduire perplexité et angoisse. Servi par un excellent casting et un découpage rigoureux, le film se suit sans déplaisir. On regrette toutefois la séquence grossière et forcée qui voit le capitaine du cargo (Keith Pearson) essayer de récupérer auprès d'un pirate le pendentif de Mikkel qui lui rappelle sa femme et sa fille. Inutile et lourdaude, elle est un aveu de faiblesse du réalisateur qui ne parie pas sur l'intelligence du spectateur. Globalement, il semble aussi que le cinéaste ait quelque chose à dire sur l'économie mondiale dont le cargo de marchandise dans les eaux d'Afrique supervisée par une société danoise pourrait être la métaphore – en effet, pour affamés qu'ils sont, les pirates sont dotés d'un négociateur (et probablement chef) grassouillet (Abdihakin Asgar) aussi avisé que le sont les experts danois de la finance – mais nous n'avons pas bien saisi le propos et avons préféré le suspense immobile.
nolan
Note de nolan : 2
Hijacking (Tobias Lindholm, 2012)
/image%2F0548436%2F201304%2Fob_6420ddf368b64d80becd99764ea4cb1a_logobis2.png)

Commenter cet article