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La Défense Lincoln

10 Juin 2011 , Rédigé par nolan Publié dans #Critiques de films récents

La Défense Lincoln est une petite arnaque totalement inoffensive que nous aurions vu sans trop de déplaisir si nous ne baignons pas actuellement dans les films policiers de Fritz Lang. Et ce manque total d’ambition se fait sentir d’autant plus durement que les thèmes prêtaient à un traitement plus audacieux. Et la prudence conduit vers une certaine fadeur.

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Lincoln-copie-2.jpgMatthew McConaughey

 

Finalement tout est de la faute d’Antoine (Ran) qui a rempli ce blog d’analyses langiennes sur la culpabilité et le meurtre. Dans La Défense Lincoln, adaptation d’un roman éponyme de Michael Connely (2006), un avocat interprété par Matthew McConaughey (un Tom Cruise du pauvre dont le jeu est assez crispant) défend des petites frappes et se voit confier le dossier d’un jeune fils à maman (Ryan Philippe) accusé de tentative de viol sur une prostituée. Il clame son innocence mais tout l’accuse. Et différents évènements vont venir compliquer la donne. L’enjeu du film, ce serait donc la justice et la morale (oublions les majuscules…). Mais, en réalité, le réalisateur ne va quasiment jamais jouer sur ce terrain malgré quelques discours pour montrer que tout n’est pas noir ou blanc. Du coup, le coupable est un parfait salaud absolument pas complexe et pas du tout fascinant, seulement malin. Et le traitement qu’il lui est réservé vient remettre tout le monde sur le droit chemin et oublie un peu vite les zones ambiguës du personnage principal. Ainsi l’avocat est juste un républicain légèrement réactionnaire qui n’est finalement qu’un branleur cynique se rachetant une conduite à travers une affaire de crime sexuel. La réalisation est un peu nulle malgré une bonne musique. Les très gros plans sur les visages et les effets sont fatigants. A tel point qu’il est difficile de ne pas remarquer le seul plan très réussi du film : la caméra en plongée dans le dos de l’avocat sur un escalator du tribunal en plan large, la tête au centre, traduit les préoccupations du héros sans que nous sachions vraiment à quoi il pense. Le plan se finit en haut de l’escalator où la police l’attend ajoutant un supplément de tension. Voilà 10 secondes, et puis c’est tout. C’est bien dommage car le sujet du film se prêtait vraiment à un traitement plus audacieux ou permettait, à tout le moins, de jouer de la perversion, comme l’a si bien fait Paul Verhoeven dans Basic Instinct (1992), mais la culture cinéphile du réalisateur hollandais est sans doute plus sûre que celle du jeune réalisateur ou des producteurs du présent film dont le contrôle a du être prégnant.

 

nolan

 

Note de nolan : 1

 

La Défense Lincoln (Brad Furman, 2011)

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antbuster 08/09/2014 15:06

"un Tom Cruise du pauvre dont le jeu est assez crispant", j'adore! J'ai beau avoir cherché longtemps, à part l'ambiance assez seventies, il n'y a pas grand chose qui m'a plu dans ce film...

Antoine 14/06/2011 12:18



Il y en a. Forcément !



nolan 13/06/2011 10:17



Ah bah j'écrivais un peu la même chose sur Two Lovers...


Les critiques étaient bonnes pour le film, ce qui m'a surpris et a attisé ma curiosité.


Mais, Antoine, tu es ma référence pour Fritz Lang. Je ne lis rien d'autre sur le réalisateur, je ne me réfère qu'à tes écrits, donc j'espère pour toi qu'il n'y a pas de conneries.



Antoine 10/06/2011 12:21



Rien n'est de ma faute, bien sûr, si ce film est raté. Et c'est grâce à Lang (et quelques autres) si l'on peut se rendre compte combien un film comme La Défense Lincoln (que je n'ai pas
vu ; mais bon, je crois que la bande-annonce suffisait) est médiocre. Le propos que je tenais dans un commentaire sur Le Gamin au vélo s'applique ici exactement dans les mêmes termes.
Quant à moi, si je t'ai permis d'un peu plus (ou mieux, pourquoi pas) apprécier l'oeuvre du maître germanique, j'en suis ravi.



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