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Under The Skin

25 Juillet 2014 , Rédigé par nolan Publié dans #Critiques de films récents

Splendeur visuelle, Under The Skin réussit, à l'image de son interprète principale l'alliage entre deux formes, l’une très soignée et l’autre brute. Jonathan Glazer réalise un film beau et intrigant. Un coup de maître.

Scarlett Johansson

Scarlett Johansson

Under The Skin (Jonathan Glazer, 2014)

 

A la fin du film, on découvre que sous la peau de Scarlett[1] se cache une extra-terrestre. Un corps étranger venu sur Terre pour manger les hommes qu'elle ramasse à bord de son van, assistée par un mystérieux motard. Bien que d'une froideur qui en dit long sur le peu de cas qu'elle fait de l'humanité, certains comportements terriens attisent sa curiosité et interrogent même sa propre existence. C'est aussi simple que cela et pourtant profond. Sans doute parce que Jonathan Glazer fait de son film un alliage de parti pris visuels et sonores a priori antagonistes. Ainsi l'errance de la jeune femme dans un coin perdu de l'Ecosse est filmée à la caméra numérique mais est trouée par de sublimes moments où la grande composition des plans correspond à la disparition de l'homme dans le piège tendu par Scarlett. Elle traduit la confrontation du Beau et du Laid, un mélange complexe et hasardeux de sentiments nobles ou horribles. Et le cinéaste de reposer de belle manière la question originelle : Qui suis-je ?

 

Une image figurant dans l'introduction

Une image figurant dans l'introduction

L'environnement musical reste un des atouts majeurs du métrage et la longue expérience du cinéaste dans le clip musical (et notamment chez Massive Attack) se fait sentir. L'influence de Stanley Kubrick est aussi prégnante dans le découpage en trois parties, quelques moments glaçants (la bête mais compréhensible noyade à la plage ou cette traumatisante image du bébé abandonné) et l'introduction, hommage direct à 2001, odyssée de l'espace (1968). On pense aussi à David Lynch. Mais Glazer a son propre style. Son trait clair évite l'afféterie. Dans sa volonté d'explorer au mieux le langage cinématographique pour parfaire l'expression de son sujet, il rappelle que le septième art est le meilleur représentant de l'art contemporain.

 

nolan

 

Note de nolan : 4

 

[1]    Mise en abyme de la star oblige, appelons donc ce personnage du prénom de son interprète. 

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Sylvain Métafiot 12/08/2014 09:59

Cela dit, le film se risque un peu à sombrer dans la pose de l'art contemporain et là, pour le coup, rien de plus éloigné que Kubrick.

nolan 12/08/2014 13:55

Merci je vais aller voir ça

Sylvain Métafiot 12/08/2014 12:59

Je ne pense pas, non plus. Mais la limite est souvent ténue dans ce genre d’œuvre.

J'ai d'ailleurs lu un très bel article sur Zinzolin : http://www.revuezinzolin.com/2014/07/under-the-skin/

nolan 12/08/2014 12:00

Le temps nous dira si le film se complait dans une pose auteuriste sans n'avoir finalement rien à dire ni à montrer. Pour l'instant, ce n'est pas du tout ce que je pense et Under The Skin sera assurément dans mon top 10 et très haut.

Sylvain Métafiot 12/08/2014 09:57

Ce film est en effet très troublant. L’incompréhension se mêle à l'effroi, à moins que ce premier soit la cause du second : on ne sait pas vraiment ce qui se passe, ce que devienne ces hommes emprisonnés, ce qu'elle cherche, ces motards qui l'aide...

Tout se joue, à mon sens, dans cette déambulation identitaire glaçante faite de plans hypnotisant léchés, d'une beauté terrible.

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