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I Love You Philip Morris

25 Février 2010 , Rédigé par nolan Publié dans #Critiques de films récents

Steven Russel a pour habitude de mentir sur sa vie. D’abord sur ses orientations sexuelles, puis sur son métier et enfin sur sa santé. Alors qu’il purge une peine de prison, il tombe follement amoureux de Philip Morris, enfermé pour abus de confiance. S’ensuit une suite de combines plus ou moins brillantes pour mener la belle vie avec l’amour de sa vie.

 

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mcgregor_carrey.jpgEwan Mc Gregor et Jim Carrey

 

Choquons la bourgeoise et seulement la bourgeoise. C’est le constat qui doit être fait à l’issue de la réjouissante heure et demie de film dans lequel Jim Carrey interprète Steven Russel, pédé arnaqueur, roi de la manipulation et amoureux de Philip Morris.

Le film montre ainsi sans trop de détour une sexualité gay et mâtinée de clichés folasses à grand coups de « Jésus, tu nous saoules à la fin » pour faire pincer les lèvres des bien- pensants et joue dans la dernière partie avec le feu : le SIDA et les trémolos. On aurait tort de faire la fine bouche en trouvant l’œuvre pas vraiment provocatrice. Elle ne l’est certes pas mais la comédie, elle, est réussie.

 

Ce qui tient principalement en deux points.

Le premier : le découpage de l’histoire en trois parties solides malgré l’infinie succession de stratagèmes inventés par Russel qui parcourent le film. La première raconte comment ce chrétien bon teint assume finalement, et sans fard, son homosexualité. Ned Flanders des Simpsons depuis des années, il plonge dans l’excès inverse : beaux mecs, belles chemises, grosses bagnoles et manières appuyées. On découvre la talentueuse capacité de duplicité du personnage qui change de métier pour fuir sa vraie mère qui refuse de le reconnaître, puis fraude les assurances afin de payer de somptueux cadeaux à son mec. Cet aspect burlesque fait démarrer le film sur les chapeaux de roues avec Carrey en show-man insatiable avant d’arriver à la prison et donc à l’histoire d’amour qui constitue la deuxième partie. Cette fois il y a un contrepoint, Ewan McGregor, vraiment bon, y interprète Philip Morris, un cœur d’artichaut dont la naïveté inspire une grande tendresse chez Russel. Ce nouveau temps démarre sur un mensonge et se termine sur la découverte de la vérité. Russel est un manipulateur incroyable et si l’on ne doute pas de ces sentiments à l’égard de Morris, il cherche avant tout à se construire un personnage et une vie de rêve. Après la belle maison, la belle voiture, Philip Morris représente le bel amour.

L’ultime partie commence avec la chute du héros, mais je vous la laisse découvrir.

Le second : Jim Carrey. Si l’on n’est pas fan, mieux vaut ne pas tenter l’aventure. Personnellement, je le trouve très bon dans cette façon de tout surjouer, ce qui instaure une certaine ambiguïté dans les actions de Steven Russel : on ne distingue plus le vrai du faux. De la sorte, capable de jouer les scènes lacrymales avec aisance, Carrey utilise plusieurs degrés de jeu selon qu’il rencontre sa vraie mère, déclare son amour ou tombe gravement malade. Le plus burlesque est avec sa mère. C’est pourtant là ce qui restera comme son inguérissable blessure…

 

nolan

 

Note de nolan : 3

 

I Love You Philip Morris (Glenn Ficarra, John Requa, 2009)

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