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Sherlock Holmes

9 Février 2010 , Rédigé par Ran Publié dans #Critiques de films récents

Nouvelle version des aventures du mythique détective londonien. Malgré quelques bons points dont la convaincante interprétation de Robert Downey Jr, elle ne restera pas dans les mémoires. Mais là n’était sans doute pas l’objectif des producteurs de ce qui reste, malgré tout, un agréable blockbuster.
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Sherlock-Holmes.jpgSherlock Holmes (Robert Downey Jr)


Tout d’abord, il faut souligner que ce Sherlock Holmes bénéficie de quelques bonnes idées quant à son atmosphère générale. Si l’on peut regretter que ce nouvel avatar des aventures du célèbre détective (incarné ici par Robert Downey Jr) ne le plonge pas assez dans l’East End, les avoir situés à la lisière du fantastique – il ne faut pas oublier que Sherlock Holmes est né à la même époque que Docteur Jekyll, Dorian Gray ou Dracula – tout en montrant le monde en pleine transformation de l’Angleterre industrielle de la fin du XIXe siècle est à coup sûr une réussite.

 

Toutefois celle-ci ne suffit pas à masquer les différents échecs du film. Son premier défaut est de ne pas arriver à bien mettre en scène la surnaturelle puissance de réflexion de Holmes. Il aurait, en effet, fallu que celle-ci apparaisse comme un processus et qu’elle soit diffuse tout au long de l’œuvre. Au contraire, tout ou presque est expliqué à la fin et le film ne fait donc pas l’économie de réels tunnels narratifs. Quant aux combats, ils sont parfois un peu confus et Guy Ritchie cède par trop à cette triste mode de la réalisation épileptique. Pourtant, faire de Holmes un homme qui aime se battre était sans doute, à la base, une idée intéressante – qu’on retrouve d’ailleurs dans les nouvelles d’Arthur Conan Doyle. Robert Downey Jr n’est d’ailleurs pas mal en Sherlock Holmes et il semble s’amuser à composer ce personnage hyperactif, assez névrosé et qui apprécie la lutte et les déguisements.  Mais le plus lourd écueil du film réside dans son rapport au docteur Watson (Jude Law). Celui-ci dispose de trop d’autonomie et semble trop proche d’Holmes dans le tempérament pour incarner cette pondération et cette distance  indispensables au personnage. En d’autres termes, il ne constitue pas réellement le contrepoint nécessaire à celui de Sherlock Holmes.

 

Autre problème, le film semble vouloir aborder le problème de la sexualité du détective. Excellente perspective – qui, déjà, était celle de Billy Wilder dans La Vie privée de Sherlock Holmes en 1970 – mais le film de Guy Ritchie ne fait qu’effleurer le thème au point qu’aucune âme puritaine ne pourra s’effaroucher. Ainsi le problème posé par le mariage de Watson – que Sherlock Holmes veut éviter à tout prix –, s’il offre quelques moments assez drôles, n’est, au-delà de ceux-ci, guère exploité. On évacue ainsi la question de l’homosexualité forcément sous-jacente entre ces deux vieux célibataires (qui, longtemps, vécurent en couple) puisque, afin d’éviter toute ambiguïté, on trouve un semblant d’histoire d’amour – qui se veut complexe – à Sherlock Holmes en la personne de Irène Adler (Rachel McAdams). La volonté de toucher le plus large public était certes sans doute à ce prix. Mais, pourquoi, alors avoir introduit cette thématique de la sexualité ?

Mais, de toute façon, s’il s’agit d’un film de producteurs dans lequel le metteur en scène a du subir de nombreuses contraintes, Guy Ritchie n’a rien– on s’en doutait un peu – d’un nouveau Billy Wilder et il n’y a donc sans doute pas grand-chose à regretter. Bref, cette nouvelle version cinématographique de Sherlock Holmes est loin d’être inoubliable et n’apportera rien de vraiment nouveau au mythe du détective londonien. Le film n’en est pas moins pour autant un blockbuster assez réussi avec des personnages tout-de-même corrects (dont un méchant assez crédible – Mark Strong en Lord Blackwood), un humour assez présent et surtout un rythme enlevé qui fait que l’ensemble se laisse regarder sans déplaisir au point que le spectateur reste attentif, sans toutefois parfois bien comprendre l’intrigue, tout au long des quelques deux heures de ce Sherlock Holmes. Un agréable divertissement, en somme…

 

Ran

 

Note de Ran : 2


Sherlock Holmes (Guy Ritchie, 2009)

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