Vendredi 29 avril 2011 5 29 /04 /Avr /2011 08:00

Le film d’Hiner Saleem pêche par le changement de personnage principal en milieu de film de même qu’il hésite entre burlesque et humour communautaire sans trouver un juste milieu. Néanmoins, il est drôle et rythmé.

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Situmeurs.jpgL'échec total de la séduction par les fruits : Özz Nüjen et Golshifteh Farahani

 

C’est l’histoire de Philippe (Jonathan Zaccaï) qui vient de sortir de prison. Il est seul et inadapté. Il se lie d’amitié avec Avdal (Billey Dermitas), un Kurde qui erre à Paris (par ailleurs très bien filmée) après avoir tenté de tuer un tortionnaire irakien réfugié en Belgique. Lui aussi est bien seul et tâche de joindre sa femme Siba (Golshifteh Farahani) restée au pays. Philippe accueille Avdal dans son minuscule appartement, avec l’accord de sa propriétaire Geneviève (Mylène Demongeot), autre parangon de solitude. Alors que Philippe trouve un travail (un peu spécial) pour Avdal, ce dernier meurt naturellement quoiqu’un peu tôt pour un homme de son âge dans le bus qui l’amène à son rendez-vous. Philippe doit s’occuper du corps mais n’arrive pas à joindre Siba. Et pour cause, elle vient d’arriver à Paris. Jusqu’alors le film concentrait ses effets sur le personnage burlesque et décalé interprété par Jonathan Zaccaï mais l’arrivée de Siba, magnifique veuve qui s’ignore va faire changer le ton du film. D’abord Philippe va faire appel à une bande de Kurdes aussi sympathiques qu’inefficaces. Puis il va décider de s’occuper du corps d’Avdal en le faisant incinérer. Alors que tout ce petit monde va finir par se retrouver, l’humour se développe désormais autour de la communauté kurde : la bande, mélange d’amis et de cousins « démocrates et pacifistes », dirigée par le fortuné Mihyedin (Özz Nüjen) face à Siba, jeune femme éprise de liberté. S’ajoute encore le  père d’Avdal, musulman convaincu, atterré qu’on ait brûlé son fils alors que Philippe figure un Français sans opinion. Ce passage entre humour burlesque et gags sur les différences sociales n’est pas toujours heureux mais le métrage reste amusant. C’est surtout le choix de changer de personnage principal qui pose problème : Philippe passe largement au second plan à mesure que l’on se concentre sur le personnage de Siba. Et cette transition assez maladroite va rendre le film bancal : les aventures de Philippe marquent alors une pause, sa trajectoire s’arrêtant brusquement et il ne sert plus que de faire-valoir, à l’instar du père, pour monter les atermoiements de Siba. Tout cela est bien dommage car le réalisateur joue ça et là avec quelques ellipses temporelles bienvenues qui ne cassent jamais le rythme du film.

 

nolan

 

Note de nolan : 2

 

Si tu meurs je te tue (Hiner Saleem, 2010)

Par nolan - Publié dans : Critiques de films récents
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De son cœur le vampire

 

«  Je suis de mon cœur le vampire,

– Un de ces grands abandonnés

Au rire éternel condamnés,

Et qui ne peuvent plus sourire ! »

Charles Baudelaire, L’héautontimorouménos (extrait)

Le cinéma est l’art du XXe siècle mais un art vampire ; vampire des autres arts devenu, avec le temps, celui de son propre cadavre… Et le vampire est son héros (son mythe ?) principal.

Ces textes et notes lui sont dédiés.

Antoine Rensonnet (Ran)

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