Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

X-Men : Days of the future past

6 Juin 2014 , Rédigé par nolan Publié dans #Critiques de films récents

Regain d'inspiration pour Bryan Singer qui livre un film de super-héros très dense et techniquement maîtrisé. Filant l'uchronie démarrée dans l'opus précédent, le cinéaste multiplie les enjeux narratifs pour le plus grand plaisir du spectateur.

Michael Fassbender

Michael Fassbender

X-Men : Days of the future past (Bryan Singer, 2014)

 

Regain d'inspiration pour Bryan Singer qui depuis son brillant Usual Suspects (1995) mène une carrière en dents de scie. Aux forts sympathiques X-Men 2 (2003) et Walkyrie (2008) s'opposent l’anecdotique Jack le chasseur de géants (2013) ou le super lourd Superman Returns (2006). Pour ce dernier, il avait renoncé à la réalisation de X-Men : The Last Stand (2006) dans lequel Brett Ratner avait, malgré une première heure correcte, fait sombrer la série faute d'enjeux et de personnages consistants.

D'ailleurs où en sommes-nous exactement avec les X-Men ?

Dans X-Men : Le Commencement (1) du très inspiré Matthew Vaughn en 2011, nous voyions la genèse de Magnéto et du professeur X quand ils n'étaient qu'Erik Lensherr (Michael Fassbender) et Charles Xavier (James McAvoy). Uchronie sixties sur fond de crise des missiles à Cuba, le long-métrage était un réjouissant et solide divertissement doté d’un casting aiguisé (en sus des deux meilleurs ennemis précités, Jennifer Lawrence avait été embauchée pour incarner la jeune Raven, future Mystique, personnage qui, dans les opus précédents, servait avant tout à érotiser la franchise).

 

Jennifer Lawrence

Jennifer Lawrence

X-Men : Days of the Future Past propose alors d'annoncer le futur peu réjouissant des mutants, génocidés par de stupéfiants robots, les Sentinelles, dont les humains ont perdu le contrôle, et de reprendre la suite des aventures des jeunes Magnéto et Xavier. Et, pour lier ces deux lignes narratives, rien de tel qu'un bon petit voyage dans le temps avec, tant qu'à faire, comme passager le plus populaire des X-Men, à savoir cet ours mal léché de Wolverine (Hugh Jackman, 45 ans et plus musclé qu'à 31, l'âge qu'il avait dans le premier opus).

 

A la faveur de quelques ellipses temporelles bienvenues qui situent le parcours des mutants non pas à la suite du Commencement mais quelques années plus tard, à l'aube des années soixante-dix, le scénario à peu près cohérent et surtout lisible, arrive à la fois à raccrocher toutes les histoires des films précédents 2 – y compris cette purge de X-Men Origins : Wolverine (Gavin Hood, 2009) – et raconter une intrigue foisonnante sans jamais perdre le spectateur. Ainsi, la question du voyage dans le temps est-elle évacuée en quelques répliques, le sort de certains mutants réglés en quelques minutes… Bref, aucun tunnel narratif. Pas de gras et en 2h12, le film réserve moult coups de théâtre et longues scènes d'action sans ployer sous la lourdeur. Il peut ainsi développer le parcours de Mystique. Pour le meilleur puisque le personnage traduit honorablement l'ambivalence du statut de mutant en demeurant une icône sexuelle (rappelons qu'elle est à poil quand elle se bat – et elle se bat beaucoup).

Hugh Jackman, Michael Fassbender, James McAvoy,  et Evan Peters

Hugh Jackman, Michael Fassbender, James McAvoy, et Evan Peters

Surtout Singer fait montre d'un réel sens du spectacle. Certes ce ton mélodramatique un peu appuyé pourra agacer3. Mais il fait partie intégrante d’un univers où le méchant déclame et le gentil geint, Fassbender et McAvoy faisant correctement le boulot. Et puis Magnéto est un grand personnage. Singer l'a compris depuis le début et sait réutiliser les éléments qui avait nourris Le Commencement (dont il est co-scénariste et producteur). Le cinéaste lui réserve quelques grands moments dont un affrontement avec Mystique et le Fauve (Nicolas Hoult) pendant la signature des accords de paix de Paris qui mettent un terme au conflit vietnamien en 1973.

Pour le plaisir des yeux, le réalisateur introduit le sympathique personnage de Quicksilver (Evan Peters, qui fut le copain pince sans rire de Kick-Ass). A la vitesse de l’éclair, il désarme des policiers faisant feu dans un ralenti fort spectaculaire (et, paraît-il, encore plus merveilleux en 3D). On remarque que, encore une fois, malgré le nombre pléthorique de personnages et de rebondissements, Singer parvient à maintenir l'édifice. On préfère toutefois le canevas des années 70 à celui de 2023. Aux terribles Sentinelles du futur, on s'intéresse davantage à leur créateur dans le passé, Bolivar Stark (Peter Dinklage)4. Peut-être aussi parce que les séquences du futur sont moins jolies, présentant avant tout de gargantuesques combats. Les mutants présents font surtout office de quota pour vendre la camelote à l'international (la chinoise Fan Binbing joue Blink, la méga star adorée par les Français, Omar ‘‘Saïlle’’, incarne Bishop). On ne retient toutefois que les deux vieux compères, Magnéto (Ian McKellen) et Xavier (Patrick Stewart), mélancoliques mais pas résignés. Il n'en reste pas moins que ce pont temporel constitue un enjeu supplémentaire qui reste bien traité et ouvre à la franchise de nouvelles pistes. Le prochain X-Men s'appelant Apocalypse, les mutants ne sont pas près de dormir sur leurs deux oreilles.

 

nolan

 

Note de nolan : 3

 

1 Pour les fans de super-héros, je vous recommande la lecture de la critique d'Antoine mais également les nombreux commentaires qu'il a fait et qui développe les atouts du film de Vaughn.

2 Il ne résout cependant pas le cas du professeur Xavier dans The Last Stand. Alors qu'il vient de se faire éparpiller façon puzzle par Phoenix/Jean Grey (Famke Janssen) dans le climax du film (qui aurait peut-être dû arrêter les frais après cette scène), le spectateur apprend après le générique de fin que Xavier s'est « transcendé » dans quelqu'un d'autre. Une vingtaine d’années plus tard, il a retrouvé son apparence sans qu'on ne comprenne pourquoi. 

3 On aurait sur ce point été curieux de voir le Wolverine : Le combat de l'immortel (James Mangold, 2013) par Darren Aronofsky qu'il a abandonné en cours de route tant sa propension baroque un peu grotesque nous a souvent séduit.

4 Sans doute est-ce le plaisir de retrouver l'interprète du très complexe fils maudit des Lannister dans la série Games of Thrones (D.B. Weiss et David Benioff, depuis 2011) 

Partager cet article

Commenter cet article

dasola 16/06/2014 17:49

Bonsoir Nolan, un bon cru. Moi, je suis fan de cette série depuis le premier et je n'ai encore jamais été vraiment déçue. Je pense que les acteurs y sont pour beaucoup. Bonne soirée.

nolan 17/06/2014 19:28

Bonsoir Dasola. Le meilleur épisode à mon sens. Quoique j'hésite avec Le Commencement.

.obbar-follow-overlay {display: none;}